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Ceux qui entreprennent en « enfer »

La force des mots et des paroles distillées çà et là ont parfois une influence puissante dans la vie de certaines personnes. Toutes les personnes n’ont pas la capacité d’aller vers la bonne information ou tout simplement de trier les informations qu’ils reçoivent. Au Cameroun, beaucoup de choses se disent sur l’entrepreneuriat, la réussite entrepreneuriale dans certains discours relève d’un mythe, certains parlent même de cercle vicieux réserver aux initiés.

Dans les discours, on retrouve des personnes pourtant très instruits détenteurs des doctorats pour certains qu’ils vont jusqu’à dire qu’il est totalement impossible d’entreprendre au Cameroun, ils dénient toutes réussites entrepreneuriales et remettent systématiquement en doute la bonne foi de ceux qui font la différence. La peinture qu’ils font de l’environnement entrepreneurial camerounais est tout simplement infernale. Pourquoi une partie de la population chapeautée par une élite intellectuelle en est arrivée là ? Quelles sont les réalités sur le terrain. Qui sont ceux qui entreprennent dans cet « enfer » et l’enfer c’est quoi au juste ? C’est l’occasion pour nous de lever les voiles sur ces questions et éclairé l’opinion sur la réalité des choses.

C’est vrai le Cameroun est loin d’être le paradis pour les entrepreneurs

Commençons notre analyse par l’admission de certaines choses dont se plaignent nos amis qui font du Cameroun un enfer pour ceux qui veulent entreprendre. Nous admettons que le gouvernement camerounais ne fait pas toujours ce qu’il faut pour encourager les initiatives locales. Une législation incitative à l’entrepreneuriat des jeunes et autres personnes vulnérables est nécessaire. C’est au gouvernement de protéger, encourager et de trouver les moyens pour booster l’industrie locale, mais nous sommes encore loin du compte. Les petits industriels font face à la rudesse de la concurrence des produits importés qui pullulent nos marchés et supermarchés. Le manque de suivi et d’accompagnement des entrepreneurs locaux sont une faiblesse de l’État camerounais et ceci ne contribuent pas à dynamiser l’entrepreneuriat. Le manque de politique claire et transparente de développement des différents secteurs clé comme l’agriculture(les mesures prises jusqu’ici restent insuffisantes), la culture, le tourisme, le sport et bien plus pouvant générer des milliers voir les millions d’emplois sont regrettable. Nous pouvons passer une journée à citer les manquements de l’État camerounais ce qui n’est pas le but ici alors avançons.

Au-delà des manquements, certains efforts en faveur de l’entrepreneuriat au Cameroun méritent d’être relevés

L’environnement des affaires au Cameroun s’est beaucoup amélioré durant les cinq dernières années. Avant pour créer une entreprise au Cameroun, il fallait faire un véritable parcours de combattant. Aujourd’hui, les procédures sont simplifiées et dans un guichet unique avec la création du centre des formalités de création d’entreprises (CFCE) dans les différentes villes du Cameroun. L’administration fiscale innove de plus en plus et offre certaines facilités aux entrepreneurs comme la télédéclaration le crédit TVA et d’autres mesures. La nouvelle loi de 2013 sur les incitations à l’investissement privé au Cameroun est une aubaine pour les gros investisseurs. Bien qu’encore très insuffisant, les mesures prises par l’État camerounais pour soutenir l’entrepreneuriat existe, mais très peu d’entrepreneurs en ont l’information.

Quand un peuple péri faute de connaissance, la recherche du boug émissaire devient la principale option

Après avoir interrogé plus d’une cinquantaine de personnes qui se plaignent sur l’impossibilité d’entreprendre au Cameroun, le constat est alarmant. Ils n’ont aucune information sur les avancées observables sur le terrain. Les seuls arguments qu’ils avancent, c’est : « la corruption est grave, les impôts tuent les entrepreneurs, pour créer une entreprise au Cameroun il faut même 1 an… » En réalité, ils n’ont aucune connaissance de la chose, ils n’ont jamais rien entrepris et se basent uniquement sur les discours des politiciens et des histoires des débits de boissons. Je vais vous raconter une anecdote, en 2015, je rencontre un ami d’enfance entrepreneur dans l’informel et qui perdait énormément de marché parce qu’il n’avait pas de numéro de contribuable. À la question de savoir pourquoi il n’avait pas créé un établissement, il m’a répondu qu’on lui a dit que pour le faire il fallait 400 000 FCFA et que s’était énorme pour lui. J’ai souri et je lui ai dit avec moins de 50 000 FCFA, tu crées ton établissement au Cameroun et 3 jours plus tard, je l’ai accompagné dans cette démarche. Il n’en revenait pas du manque à gagner que la mauvaise information lui a coûté pendant 2 ans. Au Cameroun, tout le monde est expert en tout, mais au fond dans la réalité ils ne maîtrisent absolument rien. C’est triste, mais c’est vrai.

Les entrepreneurs qui agissent sur le terrain au Cameroun (comprendre l’enfer)

Ils sont de plus en plus nombreux les Camerounais qui font le saut vers l’entrepreneuriat. La majorité se lance dans les activités classique et très peu dans l’innovation(c’est pas le sujet). Certains réussissent à s’en sortir facilement mieux que d’autres. Le secret des entrepreneurs qui réussissent au Cameroun fera l’objet d’un autre sujet. Pour l’heure, nous allons nous concentrer sur certaines réalités que rencontrent les entrepreneurs au Cameroun. Le premier constat quand on discute avec les néo-entrepreneurs, on remarque un degré élevé de l’impréparation. Les impôts et taxes sont connus à l’avance, mais ils sont nombreux qui se lancent sans chercher juste à savoir combien ils doivent reverser à l’État en fonction de leurs activités. Cette situation arrange les agents véreux du fisc qui en profitent au maximum pour arnaquer les citoyens ignorant de leur devoir. Conclusion, on entendra au quartier « les impôts nous tuent« . Quand on entreprend dans un domaine à défaut de faire un business plan, on fait une planification financière dans laquelle on intègre toutes les charges y compris les impôts a payé là on sera moins surpris. Un autre élément très important au Cameroun, c’est que l’entrepreneur dès le premier mois de son activité veut devenir riche. Le désir de la richesse immédiate est un élément qui entraîne énormément de vis (corruption, fraude fiscale, contrefaçon…). Beaucoup de Camerounais se reconnaîtront dans cette expression « je paye les impôts que je gagne d’abord combien ». Cette mauvaise manière de penser les affaires pratiquée par la quasi-majorité des entrepreneurs camerounais est un véritable frein au développement de l’entrepreneuriat.

Le bon entrepreneur pose les bases de son entreprise dans la transparence, car en faisant des magouilles le point d’ancrage de son entreprise, cette dernière survivra difficilement après lui et c’est la triste réalité au Cameroun. Après la mort de l’entrepreneur, nous observons dans plusieurs cas son entreprise le suivre dans la tombe aller chercher pourquoi. Le Cameroun dont certains qualifient d’enfer pour entreprendre à la fin ne l’ai réellement pas bien au contraire. Quand on ne va pas à la recherche de la bonne information, quand on a aucune idée de la législation régulant les affaires, quand on veut gagner immédiatement au détriment de poser les bases d’une entreprise solide, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. La vérité est que l’enfer se dessine dans l’esprit et se matérialise par les décisions et les choix que nous prenons. L’entrepreneuriat n’est pas un jeu, pour réaliser des grandes choses, il faut savoir s’armer. À défaut de travailler avec les experts de grâce chers futurs entrepreneurs la formation et l’information sont determinantes pour vous, le succès commence par là. Le Nigeria est un grand champion en corruption mais les entrepreneurs y émergent chaque jour. Les difficultés forgent l’entrepreneur mais un entrepreneur sans vision, ni passion encore moins d’ambition n’accomplira jamais rien de grand. Les prétextes pour justifier les échecs ne manqueront jamais. La reussite n’est pas un mythe, mais une simple logique resultante des bonnes decisions.

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4 réponses »

  1. A reblogué ceci sur Recto-Versoet a ajouté:
    Article de CameroonCEO que j’ai bien apprécié. Malgré bévues orthographiques il revient comme il faut sur certaines tares du système entrepreneurial camerounais

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  2. J’avoue qu’avant de prendre aà bras le corps mon projet, j’etias dans cettew optique, qu’il est impossible d’entreprendre au Cameroun, mais je crois que rien n’est possible sans amour. il faut Aimer son pays, sans verser dans un amour aveugle, conscient des defis aà relever, se dire que c’est possible, et que nous devons participer aà sa construction

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