Les motos taxis, la nouvelle niche des start-ups au Cameroun




Comme dans plusieurs pays en Afrique subsaharienne, la question de la mobilité est une question essentielle au Cameroun surtout dans les grandes villes du pays. Entre le manque des infrastructures, l’absence des systèmes de transports urbains, l’absence de planification face à la croissance rapide que connaissent les principales villes du pays, la débrouillardise s’impose comme la règle. Dans ce système de débrouillardise, un acteur se distingue depuis plusieurs années, les motos – taxis. 


Les motos taxis sont presque incontournables dans la ville de Douala, la capitale économique du pays. Depuis plusieurs années, le secteur est devenu le point de chute des jeunes chômeurs du pays. Dans le milieu des motos taximen, il règne une anarchie impressionnante. Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile pour les pouvoirs publics de mettre de l’ordre dans le secteur. Les motos taxis jouent un rôle essentiel dans le transport urbain au Cameroun, mais le désordre qui règne dans le secteur cause bien plus de mal que de bien. Entre la situation de précarité dans laquelle vivent les conducteurs, les multiples accidents quotidiens sur les routes, les agressions de tout genre, la profession de moto taximan doit se réinventer afin de répondre aux enjeux du développement durable. Les start – ups en Afrique de plus en plus explorent ce secteur au potentiel exceptionnel et veulent y apporter des solutions à travers l’innovation technologique. 


En Afrique de l’Est, les start-ups Uber (américaine) et Bolt (estonienne) sont très actifs dans le secteur des motos taxis. Au Rwanda, la start-up SafeMotos s’illustre également comme un acteur important dans le business du transport par moto-taxi. La principale valeur ajoutée sur laquelle s’appuient ses start-ups dans le transport par moto, c’est la sécurité. Avec plus de 100 000 motos taximen à Douala seulement selon les syndicats, le Cameroun est devenu une destination de choix pour les start-ups qui se lancent dans le secteur. Après la start –up française HEETCH qui vient de s’installer au Cameroun, la startup Gozem dont le siège est au Singapour déjà très actif en Afrique de l’Ouest est en pleine installation au Cameroun. 

Déploiement de la start -up Bee moto à Douala


Face à HEETCH et Gozem, la start – up camerounaise Bee basée à Douala est déjà présent sur le terrain et compte bien prendre sa part sur le gros gâteau que représente le secteur des motos taxis. Toutes ses Start – ups proposent les services de moto à la demande. Parmi les promesses qu’elles font aux usagers, on note la formation des chauffeurs, l’utilisation systématique des casques tant pour les chauffeurs que les passagers, l’identification des chauffeurs, la propreté… s’il est indéniable que le secteur des motos – taxis à Douala a un gros potentiel, la question qui brûle est de savoir comment va réagir le marché face à toutes ses start – ups quand on sait que le taux de pénétration d’internet demeure relativement faible et que les plus grands usagers des motos sont des personnes à faible revenue. Sans aucun doute les prochains mois, nous donnerons les éléments de réponses.

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