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Jules Ngankam, l’art de garantir l’avenir

Il y a des départs qui ne sonnent pas comme une fin, mais comme un passage de relais dans une œuvre plus grande que soi. Celui de Jules Ngankam, qui a quitté la direction générale de l’African Guarantee Fund (AGF) à l’issue de son mandat achevé le 31 janvier 2026 (départ effectif annoncé autour du 30 janvier 2026) appartient à cette catégorie rare : celle des trajectoires qui laissent une institution plus solide qu’elle ne l’était à l’arrivée.

Dans le tumulte des économies africaines (entre rareté du crédit, frilosité des banques, fragilité des PME et urgence d’emploi) AGF n’est pas un nom de plus dans l’architecture financière du continent. C’est un mécanisme de confiance. Une “garantie” au sens propre : la promesse faite aux entrepreneurs que leur audace peut être bancable, et aux banques que le risque peut être partagé. Et au cœur de cette promesse, ces dernières années, il y a eu un homme : Jules Ngankam.

Le banquier des PME africaines

Ce que Jules Ngankam a incarné à AGF, c’est une forme de leadership africain moderne : technique, discret, mais décisif. Un leadership qui ne cherche pas le projecteur, mais le résultat. Nommé à la tête du groupe en 2020 après une trajectoire interne (arrivé en 2013 comme Chief Financial Officer, puis Deputy CEO) il a pris les rênes à un moment où le continent devait amortir des chocs successifs et préserver sa capacité à financer l’économie réelle.

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Là où beaucoup voient la finance comme un univers de chiffres, Jules Ngankam a rappelé, par l’action, qu’elle est d’abord une politique du possible : rendre l’investissement accessible, aider les PME à traverser la vallée de la méfiance bancaire, transformer l’accès au crédit en moteur de croissance.

Une institution qui compte et qui pèse

Au moment où il passe la main, AGF revendique 6,5 milliards de dollars de prêts mobilisés au profit des entreprises du continent, et plus de 500 000 emplois créés à travers son action des chiffres qui donnent une idée du levier.
L’institution avance aussi avec une crédibilité consolidée, portée notamment par une notation AA (Fitch) mentionnée dans le contexte de la transition.

On peut débattre des modèles, des instruments, des mécanismes de dérisking. Mais sur le terrain, ce que cela signifie est simple : des ateliers qui ne ferment pas, des chaînes de valeur qui se structurent, des emplois qui tiennent, des femmes et des jeunes entrepreneurs qui cessent d’être “prometteurs” pour devenir “finançables”.

Le sens du mandat : bâtir, transmettre, élever

Un départ dit toujours quelque chose de la manière dont on a exercé le pouvoir. Dans son message public, Jules Ngankam a décrit cette étape comme le « plus grand honneur » de sa vie professionnelle, sans s’étendre sur la suite.
Ce choix du silence n’est pas un vide : c’est une signature. Celle d’un dirigeant qui laisse parler le bilan, et qui comprend qu’un parcours se mesure moins à l’annonce qu’à l’impact.

La transition est désormais assurée par Constant N’zi, nommé DG par intérim. Et comme souvent, l’histoire ne retient pas seulement le nom de celui qui arrive, mais l’état de la maison qu’il trouve : plus robuste, mieux armée, plus lisible.

Hommage camerounais, hommage africain

À CAMEROON CEO, nous savons reconnaître ces profils qui honorent le pays sans folklore, simplement par l’excellence. Jules Ngankam appartient à cette génération de leaders camerounais et africains qui ont compris que la souveraineté économique ne se proclame pas : elle se structure à travers des institutions crédibles, des outils efficaces, et une gouvernance capable de durer au-delà des hommes.

Ce n’est pas seulement un départ d’un poste. C’est la fin d’un cycle de construction.

Et maintenant ?

Il y a des dirigeants qui “quittent” une organisation. Et il y a ceux qui laissent un standard. Jules Ngankam laisse un standard : celui d’une finance africaine qui ne s’excuse pas d’être ambitieuse, qui ne se contente pas de conférences, et qui choisit d’agir là où ça fait mal: dans le risque, dans le crédit, dans la PME, dans l’emploi.

L’Afrique a besoin de plus de capitaux. Mais surtout, elle a besoin de plus de confiance structurée. Jules Ngankam aura été, ces dernières années, un bâtisseur de cette confiance.

Et c’est peut-être cela, au fond, le plus bel hommage : partir en laissant derrière soi une institution qui peut continuer sans vous parce que vous l’avez rendue plus grande que votre personne.

Mérimé Wilson NGOUDJOU

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