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FARHAD ENERGY 17 milliards pour une nouvelle filière énergétique à Kribi

À Kribi, Frank LOUBAFO porte une ambition industrielle qui relie les ressources camerounaises aux marchés mondiaux de l’énergie.

Par La rédaction Publié le 30 octobre 2026 9 minutes de lecture

À Kribi, Frank LOUBAFO porte une ambition industrielle qui relie les ressources camerounaises aux marchés mondiaux de l’énergie. Avec FARHAD ENERGY, les résidus du bois et du palmier à huile deviennent la matière première d’un projet de biocombustibles visant 240 000 tonnes de granulés par an. Un investissement de 17 milliards de FCFA pour développer une filière de transformation locale, créer des emplois et inscrire le Cameroun dans de nouveaux circuits énergétiques internationaux.

À Kribi, FARHAD ENERGY porte un projet de 17 milliards de FCFA qui associe l’industrie du bois, la filière palmier et les marchés énergétiques internationaux. Le programme vise à transformer des résidus de production en combustibles industriels, tout en développant une ligne destinée à la valorisation de déchets ménagers triés. Son lancement est prévu en février–mars 2028, avec une montée en puissance vers la pleine capacité en 2032.

Le dimensionnement donne la mesure de l’ambition : 20 000 tonnes de granulés par mois, soit 240 000 tonnes sur douze mois à ce rythme, et 225 emplois directs à terme. Le chiffre d’affaires annuel cible atteint 27 milliards de FCFA en régime de pleine capacité. Le projet dispose d’une notification de financement bancaire de 16 milliards de FCFA, pour un investissement global de 17 milliards.

FARHAD ENERGY veut installer au Cameroun une filière capable d’organiser ses approvisionnements, de transformer les matières et de commercialiser des combustibles auprès d’utilisateurs industriels. Avec 85 % de la production destinée à l’exportation, l’Europe et l’Asie constituent les principaux marchés ciblés. La transformation, elle, est ancrée à Kribi, au contact des ressources de l’arrière-pays et d’un accès maritime international.

L’apport industriel réside dans cette continuité productive. Les sous-produits d’une activité deviennent les intrants d’une autre. Leur valorisation ouvre des débouchés supplémentaires aux entreprises sources et crée une demande de collecte, de préparation et de transport. Pour l’économie camerounaise, la perspective est celle d’une utilisation plus complète des ressources, avec davantage d’opérations et de compétences installées sur le territoire.


Frank LOUBAFO une expérience déployée sur onze marchés africains

Ce projet porte l’empreinte professionnelle de Frank LOUBAFO. Son parcours dans le négoce énergétique l’a conduit auprès de Monjasa, de Kemexon et de Lumière Group International, avant E3 Energy Group. Il s’est construit dans un univers où la valeur d’une ressource dépend de sa qualité, de son financement et de la capacité à la livrer aux conditions convenues.

Directeur Afrique d’E3 Energy Group, groupe de négoce pétrolier basé aux Émirats arabes unis, Frank LOUBAFO coordonne des flux de produits pétroliers destinés à douze marchés. Son périmètre couvre le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Malawi et l’Afrique du Sud en Afrique de l’Est et australe. Il comprend également la Gambie, le Sénégal et le Bénin en Afrique de l’Ouest, ainsi que le Cameroun, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Congo en Afrique centrale.

Cette géographie donne une dimension concrète à son expérience. Les marchés côtiers et les pays enclavés présentent des contraintes d’acheminement différentes. Le transport, le stockage, les délais de livraison et les conditions de paiement déterminent le coût rendu et les besoins de trésorerie. Les intégrer dans une offre compétitive appartient au cœur du métier de négociant énergétique.

À l’échelle du groupe, E3 Energy fait état de 12 millions de tonnes échangées au cours de l’exercice 2025. Ce volume situe l’environnement commercial dans lequel évolue le promoteur de FARHAD ENERGY : des opérations qui exigent une coordination étroite entre fournisseurs, banques, transporteurs et acheteurs industriels.

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Frank LOUBAFO engage cette connaissance des circuits énergétiques dans la création d’un actif industriel camerounais. Le passage est stratégique. Aux compétences commerciales et logistiques s’ajoutent les exigences d’une production régulière, de la préparation des matières au contrôle du combustible fini. FARHAD ENERGY porte ainsi une ambition de transformation nourrie par une expérience des marchés africains.
La chaleur industrielle au cœur du marché mondial

Le projet se positionne sur un enjeu majeur de la transition énergétique : la chaleur. En 2024, celle-ci représentait près de la moitié de la consommation finale d’énergie mondiale et 37 % des émissions de CO₂ liées à l’énergie. Séchage, vapeur et procédés thermiques occupent une place centrale dans la production industrielle. Leur décarbonation ouvre un marché à plusieurs solutions, dont les biocombustibles.

La demande mondiale de chaleur industrielle est attendue en hausse de 14 % entre 2025 et 2030 dans les projections de l’Agence internationale de l’énergie. L’électrification progresse rapidement, tandis que la bioénergie conserve un rôle dans l’approvisionnement thermique. Le choix des industriels dépend des températures nécessaires, des installations disponibles et du coût de l’énergie utile.

Des résidus préparés pour des chaudières adaptées peuvent remplacer une partie des combustibles fossiles consommés sur certains sites. Leur intérêt économique repose sur la régularité de la qualité et des livraisons, le rendement des équipements et les dépenses d’exploitation. La compétitivité se construit sur l’ensemble du service énergétique fourni au client.

Ce débouché donne à FARHAD ENERGY une portée qui concerne aussi le tissu productif camerounais. Une offre locale de combustibles industriels peut servir des entreprises proches, réduire les distances de livraison et contribuer à leurs propres stratégies énergétiques. Le développement de ces usages permettrait de prolonger dans l’économie nationale les retombées d’une filière principalement tournée vers l’exportation.


De nouvelles chaînes de valeur autour de Kribi


La cartographie d’approvisionnement recense 181 unités de transformation du bois et 11 sites et sociétés du secteur du palmier, répartis entre le Sud, le Littoral, le Sud-Ouest et l’Est. Cette base donne au projet une dimension territoriale. L’organisation de flux réguliers peut soutenir des revenus complémentaires chez les fournisseurs et développer les activités qui relient les sites de production à l’usine.

La maîtrise de la matière est décisive. Les résidus présentent des caractéristiques variables et peuvent déjà alimenter des séchoirs, des chaudières ou d’autres usages. Une filière durable organise leur mobilisation en tenant compte de ces débouchés, des volumes disponibles et du prix payé aux fournisseurs. La stabilité des relations d’approvisionnement constitue ici un actif industriel à part entière.

L’humidité intervient directement dans cette économie. Elle alourdit les transports et demande de l’énergie lors du séchage. Le rendement se joue donc dans le passage des tonnes collectées aux tonnes commercialisables, avec une qualité suffisamment homogène. La capacité des presses et la performance de la logistique doivent fonctionner ensemble pour produire un combustible compétitif.

Le choix de Kribi relie cette organisation à un accès maritime. Les expéditions sont prévues par le quai de KMT, terminal qui prend notamment en charge le vrac sec et les produits forestiers. La proximité du port est un atout pour constituer et expédier les cargaisons, en coordonnant les arrivées de matières, la production et les chargements.

C’est une complémentarité importante pour le développement industriel du pays. Le port soutient l’accès aux marchés ; la transformation locale apporte une activité productive aux flux qu’il traite. FARHAD ENERGY inscrit son projet dans cette relation entre l’arrière-pays et la façade maritime, avec la perspective d’y fixer des emplois, des achats et du savoir-faire.


Une offre industrielle fondée sur la maîtrise des matières

Le site est conçu autour de trois lignes. Les granulés de bois visent les spécifications du référentiel ISO 17225-2. Les combustibles de palmier valorisent les coques, les fibres et les rafles, selon leurs propriétés et les besoins des équipements utilisateurs. La mobilisation de ces matières doit aussi préserver leurs usages agronomiques lorsqu’elles contribuent à la fertilité des sols.

La ligne de combustibles solides de récupération, ou CSR, apporte un débouché à certaines fractions de déchets ménagers triés. Ces combustibles peuvent contenir des plastiques et du carbone d’origine fossile ; seule leur fraction biologique relève de l’énergie renouvelable. Leur valorisation exige un tri qui préserve le recyclage et des installations capables de maîtriser les émissions et les résidus de combustion. Chaque ligne répond ainsi à des exigences de qualité et à des usages précis.

Le modèle de FARHAD ENERGY retient un approvisionnement en résidus, avec un engagement d’absence d’abattage dédié au projet. La traçabilité doit établir l’origine et la légalité des matières, tandis que l’évaluation climatique porte sur l’ensemble du cycle de vie. La combustion de biomasse émet du CO₂ ; le gain dépend du combustible remplacé, de la préparation, du transport et du devenir alternatif du résidu. La conformité technique des granulés et la performance environnementale doivent donc être établies séparément.

Cette maîtrise constitue un avantage commercial sur les marchés exigeants. L’Union européenne a renforcé ses critères de durabilité et le principe des usages en cascade, qui privilégie les usages matériels du bois avant sa valorisation énergétique. Intégrer ces exigences dans la construction de la filière permet de préparer l’accès aux acheteurs et de soutenir des relations commerciales dans la durée.


Une base exportatrice pour installer la filière


L’Europe et l’Asie constituent le principal débouché ciblé par FARHAD ENERGY. Ces marchés regroupent des utilisateurs dont les besoins, les équipements et les exigences diffèrent. L’enjeu consiste à faire correspondre chaque combustible à une demande industrielle identifiée, avec des engagements de volumes et des conditions de livraison adaptés.

La connaissance du négoce prend ici toute sa valeur. Le prix à la tonne se négocie avec les spécifications, les modalités de paiement et la répartition des coûts de transport. La marge sur le combustible livré dépend du coût de collecte, du séchage, de l’énergie consommée par l’usine et du fret supporté par le vendeur. La solidité commerciale du projet repose sur la maîtrise de cet ensemble.

La montée en charge est également une séquence financière majeure. Les décaissements d’investissement, les besoins de trésorerie et les premières ventes doivent s’articuler avec les échéances de remboursement. Une production régulière, appuyée sur des approvisionnements et des débouchés durables, donne à l’outil industriel les conditions économiques de son développement.

Les retombées attendues se déploient dans plusieurs métiers. Aux 225 emplois directs prévus s’ajoutent les possibilités d’activité liées à la collecte, au transport, à la préparation et aux prestations industrielles. Le contrôle de la qualité, la maintenance et la conduite des équipements constituent aussi des domaines de formation et de qualification. La création de valeur prend corps dans ces compétences et dans les achats effectués auprès d’entreprises locales.


Un investissement qui engage la transformation du Cameroun

Le développement de FARHAD ENERGY comprend une deuxième étape avant 2035 : une centrale biomasse destinée à fournir de l’électricité et de la vapeur à l’usine. La distribution d’un surplus aux ménages et aux industries du Sud et d’une partie du Littoral est également envisagée, sous réserve des autorisations nécessaires. Cette phase donne au projet une trajectoire d’intégration énergétique plus poussée.

Produire de la chaleur et de l’électricité sur un même site peut améliorer l’utilisation du combustible lorsque chacune trouve un débouché. La puissance installée, le raccordement et les conditions de vente détermineront la portée territoriale de cette centrale. Dès la première phase, l’énergie consommée par l’usine participe elle-même à l’équation de compétitivité et au bilan environnemental de la production.

Pour l’Afrique, l’intérêt d’une telle filière réside aussi dans les compétences qu’elle permet de développer. Les industries du bois, du palmier, du riz ou de la canne à sucre produisent des sous-produits différents. Leur valorisation exige une adaptation aux matières et aux territoires. Le savoir-faire acquis dans l’organisation des approvisionnements, la production et le contrôle peut alors servir à d’autres investissements.

Le Cameroun a intérêt à soutenir la construction de cette capacité industrielle par des règles lisibles, une organisation efficace des flux de déchets et un contrôle environnemental crédible. La coopération avec les fournisseurs et les organismes de formation peut en étendre les bénéfices. Une filière prend de la profondeur lorsque les compétences et les activités qu’elle suscite se diffusent dans l’économie.

Le mouvement engagé par Frank LOUBAFO porte une ambition claire : transformer au Cameroun des ressources qui y sont disponibles, y installer les compétences nécessaires et relier cette production à des acheteurs internationaux. Son expérience de onze marchés africains apporte à cette démarche une compréhension des circuits dans lesquels l’énergie trouve sa valeur.

À Kribi, FARHAD ENERGY porte ainsi un projet dont la force tient à la construction d’une filière entière. Les résidus relient les entreprises sources à l’usine ; les combustibles relient l’usine aux utilisateurs d’énergie ; les contrats donnent à cette activité une portée internationale. Faire fonctionner durablement cet ensemble, avec une part croissante de valeur conservée au Cameroun, constitue l’apport stratégique du projet. C’est une ambition industrielle forte pour la place du pays dans la transition énergétique africaine.

Mérimé Wilson

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