General Bank of Cameroon lance son Press Club : après le rachat, Victor Noumoué ouvre le chantier de la confiance
Dans la banque, la confiance se mesure dans les bilans, mais elle se construit aussi par la qualité de l’information. À Yaoundé, General Bank of Cameroon a décidé d’agir sur ces deux fronts. Le 31 août 2026, l’établissement dirigé par Victor Noumoué a réuni des professionnels des médias pour lancer officiellement le GBC Press Club, présenté comme un cadre permanent de dialogue, de réflexion et de partage d’informations.
Dans la banque, la confiance se mesure dans les bilans, mais elle se construit aussi par la qualité de l’information. À Yaoundé, General Bank of Cameroon a décidé d’agir sur ces deux fronts. Le 31 août 2026, l’établissement dirigé par Victor Noumoué a réuni des professionnels des médias pour lancer officiellement le GBC Press Club, présenté comme un cadre permanent de dialogue, de réflexion et de partage d’informations.
À première vue, l’initiative pourrait être rangée dans le registre classique de la communication institutionnelle. Elle prend pourtant une dimension stratégique particulière pour une banque engagée dans l’une des transitions capitalistiques les plus importantes du secteur financier camerounais. Quelques mois après la finalisation de l’acquisition par l’État des 58,08 % du capital autrefois détenus par le groupe Société Générale, General Bank of Cameroon ne doit plus seulement assurer la continuité de ses opérations. Elle doit construire une nouvelle identité, préserver la confiance de ses déposants et démontrer que son changement d’actionnariat peut devenir un levier de performance.
Une transformation qui cherche désormais son langage
Dans son intervention, Victor Noumoué a placé cette rencontre sous le signe de la « transparence, de la confiance et de la proximité ». Trois notions qui dépassent largement le champ de la communication. Pour une banque désormais contrôlée à 83,68 % par l’État camerounais, elles renvoient directement à la gouvernance, à la lisibilité des choix stratégiques et à la capacité de rendre compte de ses résultats.
L’ambition affichée est de bâtir une institution « plus agile, plus innovante, plus performante et davantage proche des besoins de ses clients ». Le positionnement vise l’ensemble du tissu économique : particuliers, professionnels, PME, grandes entreprises et institutions.
Le GBC Press Club doit ainsi devenir une passerelle entre la banque, les médias et, indirectement, le public. L’enjeu est pertinent. Dans un secteur où la technicité des opérations alimente parfois les approximations, la qualité de l’information économique influence directement la perception du risque et la confiance des clients. En ouvrant un canal régulier avec les journalistes, GBC cherche autant à mieux expliquer sa transformation qu’à reprendre la maîtrise de son récit institutionnel.
Des résultats qui rassurent, sans clore le débat
Pour donner une assise financière à ce discours, la direction générale a dévoilé plusieurs indicateurs arrêtés à fin juin 2026. Le total de bilan affiche une progression de 10 % par rapport au 31 décembre 2025, tout en restant presque stable sur un an. Le produit net bancaire augmente de 7,2 % par rapport au premier semestre 2025, tandis que le résultat net progresse de 6,8 %.
La banque annonce également un taux de couverture des créances douteuses de 85 %. Ce niveau traduit un effort significatif de provisionnement et constitue un signal de prudence dans un environnement où la qualité des portefeuilles de crédit reste un enjeu central.
Ces performances ne livrent pas encore toute la photographie financière de l’établissement : les valeurs absolues, les ratios de solvabilité, la liquidité et l’évolution détaillée du coût du risque permettront d’apprécier plus complètement la trajectoire. Elles montrent néanmoins que la transition actionnariale n’a pas cassé la dynamique opérationnelle de la banque. C’est un premier test réussi, mais non un aboutissement.

De la proximité commerciale au financement de l’économie
La transformation annoncée doit également se vérifier dans l’expérience quotidienne des clients. À l’approche de la rentrée scolaire, GBC a notamment lancé une campagne de crédits assortie de taux révisés. Ses équipes ont été mobilisées dans l’ensemble du réseau afin d’accompagner les parents confrontés au financement de la scolarité de leurs enfants.
Sur le segment des grandes entreprises, la banque entend aussi conforter son rôle d’arrangeur. Après un premier mandat de 60 milliards de FCFA confié en juillet par la Socadel, GBC intervient comme chef de file dans la structuration et la syndication d’un financement cible de 200 milliards de FCFA, aux côtés d’Afriland First Bank et de BGFIBank Cameroun. Ces mandats ne constituent pas encore des décaissements définitifs, mais ils illustrent le positionnement que la banque veut occuper dans le financement des infrastructures et des secteurs stratégiques.
Le véritable test du Press Club
La valeur du GBC Press Club ne se jugera toutefois pas au nombre de rencontres organisées. Elle dépendra de la régularité des informations communiquées, de leur précision et de la capacité de la banque à maintenir le dialogue lorsque les sujets deviendront plus sensibles.
Une banque à capitaux majoritairement publics est exposée à des attentes renforcées : discipline dans l’allocation du crédit, qualité de service, indépendance des décisions, gestion rigoureuse des risques et transparence sur les performances. Le Press Club peut devenir un véritable instrument de maturité institutionnelle s’il permet d’aborder ces questions avec constance, au-delà des annonces favorables.
En tendant la main aux médias, Victor Noumoué montre qu’il a identifié l’actif le plus précieux à préserver au cours de cette transformation : la confiance. General Bank of Cameroon a désormais la responsabilité de convertir ce dialogue, ses premiers résultats et son ambition de souveraineté financière en performances durables au service de l’économie camerounaise.
Oswald M

