Afreximbank : Eric Intong Monchu confirmé à un poste-clé au cœur de la machine commerciale du groupe
Le banquier camerounais devient officiellement Group Managing Director, Client Relations and Regional Operations d’Afreximbank.
Le banquier camerounais devient officiellement Group Managing Director, Client Relations and Regional Operations d’Afreximbank. Basé au Caire, il prend la responsabilité d’un périmètre stratégique : relier les marchés, les clients et l’exécution des financements d’une institution qui pesait 48,5 milliards de dollars d’actifs et d’engagements conditionnels à fin 2025.
La nuance est importante. Eric Intong Monchu n’est pas nommé directeur général de l’ensemble d’Afreximbank, comme certaines formulations pourraient le laisser entendre. La Banque est présidée depuis octobre 2025 par le Camerounais George Elombi. Eric Intong Monchu est, lui, confirmé au poste de Group Managing Director, Client Relations and Regional Operations, autrement dit Directeur général du Groupe chargé des Relations clients et des Opérations régionales.
Et derrière l’intitulé se trouve l’un des postes les plus directement connectés à la capacité commerciale d’Afreximbank.
L’annonce officielle, faite le 31 août 2026, s’inscrit dans une réorganisation plus large de la direction régionale de la Banque. Eric Intong Monchu, basé au Caire, devra piloter les relations clients et les opérations régionales, avec une mission explicitement définie : renforcer la coordination entre développement commercial, couverture de la clientèle et exécution des transactions. Autrement dit, rapprocher davantage la stratégie conçue au siège des réalités des États, institutions financières et entreprises financés sur le terrain.
Une confirmation, plus qu’une découverte
Cette nomination consacre en réalité une montée en puissance engagée depuis plusieurs années. Eric Intong Monchu exerçait déjà ces responsabilités à titre intérimaire. Les communications d’Afreximbank le présentaient d’ailleurs comme Acting Group Managing Director, Client Relations bien avant 2026, ce qui rend imprécise l’affirmation selon laquelle il aurait seulement pris l’intérim en mai dernier.
Son parcours au sein de l’institution explique cette continuité. Arrivé chez Afreximbank en 2014, il a notamment travaillé sur le financement du commerce pour les souverains, institutions financières et entreprises avant de prendre la responsabilité opérationnelle de l’Afrique de l’Ouest anglophone depuis Abuja. Il a ainsi construit son expérience au point de rencontre entre analyse du risque, origination des transactions, financement du commerce et connaissance des marchés africains.
Avant Afreximbank, il avait évolué chez Citibank Cameroon, où il a occupé les fonctions de Vice President, Deputy Corporate Banking Head et Business Credit Officer. Plus tôt encore, son parcours à Union Bank of Cameroon l’avait conduit à intervenir dans la banque d’entreprise, la trésorerie, la gestion des risques, la direction d’agence et les dispositifs de lutte contre le blanchiment.
Diplômé de l’Université de Buea en comptabilité et finance, il possède également un MBA en finance et comptabilité ainsi qu’un diplôme supérieur en gestion des risques et de la logistique de la Rotterdam Business School. Il est également alumnus de l’Amsterdam Institute of Finance.
Le poste où la stratégie doit devenir du business
La portée de sa nouvelle responsabilité se mesure surtout à l’évolution d’Afreximbank elle-même.
À fin 2025, le Groupe affichait 42,3 milliards de dollars d’actifs, 33,5 milliards de dollars de prêts et avances nets, 8,4 milliards de dollars de fonds propres et un total d’actifs et d’engagements conditionnels de 48,5 milliards de dollars. Le résultat net avait progressé à près de 1,16 milliard de dollars.
L’enjeu n’est donc plus simplement d’accroître le bilan. Afreximbank veut désormais densifier son implantation commerciale, accélérer l’exécution de ses opérations et transformer son réseau régional en plateforme capable d’identifier plus rapidement les projets, les entreprises et les besoins de financement.
C’est précisément là qu’intervient Eric Intong Monchu.
Son périmètre le place au centre de la chaîne qui va de la compréhension d’un marché jusqu’au financement effectif d’une transaction. Une fonction d’autant plus sensible que la Banque étend aujourd’hui son terrain de jeu au-delà du continent africain vers les Caraïbes. En juin 2026, lors du premier roadshow d’Afreximbank en Jamaïque, il présentait déjà les instruments de la Banque autour d’une enveloppe de 5 milliards de dollars destinée aux Caraïbes, avec un discours centré sur l’industrialisation, le financement du commerce et les investissements productifs.
Deux Camerounais dans une architecture stratégique
La confirmation d’Eric Intong Monchu intervient par ailleurs moins d’un an après l’arrivée de George Elombi à la présidence d’Afreximbank. Ce dernier, quatrième président de l’institution depuis sa création en 1993, avait lui-même effectué une longue carrière interne avant d’en prendre la direction.
Il serait excessif d’y lire une logique nationale dans une institution multilatérale dont les nominations répondent d’abord à des parcours et des responsabilités internationales. Mais le fait reste notable : deux banquiers camerounais occupent désormais des positions de premier plan dans l’une des institutions financières africaines les plus influentes sur le commerce, l’industrialisation et l’intégration économique du continent.
Pour Eric Intong Monchu, la nomination du 31 août est donc moins un changement de trajectoire qu’une consécration institutionnelle. Après plus d’une décennie passée à l’intérieur d’Afreximbank, il accède officiellement à un niveau où il ne s’agit plus uniquement de structurer des financements ou de développer une région.
Il faut désormais faire fonctionner commercialement l’ambition continentale d’Afreximbank à l’échelle du Groupe.
Mérimé Wilson

