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Ecobank Cameroun et l’Université de Ngaoundéré scellent une alliance stratégique autour du capital humain

À première vue, il s’agit d’une convention bancaire. À y regarder de plus près, l’accord signé le 28 septembre 2026 entre Ecobank Cameroun et l’Université de Ngaoundéré porte une ambition beaucoup plus large : rapprocher durablement l’université du monde économique, familiariser plus tôt les étudiants avec les mécanismes financiers, soutenir l’innovation et créer de nouvelles passerelles vers l’emploi et l’entrepreneuriat. En apposant leurs signatures au bas de cet accord, Mme Gwendoline ABUNAW, Managing Director d’Ecobank Cameroun, et le Pr Mamoudou Abdoulmoumini, Recteur de l’Université de Ngaoundéré, ont surtout voulu transformer une relation institutionnelle déjà ancienne en plateforme de coopération pour l’avenir.

La signature intervient dans une séquence particulière pour Ecobank Cameroun. La banque célèbre cette année ses 25 ans de présence dans le pays et entend inscrire cet anniversaire dans une logique d’investissement à long terme dans les institutions, les compétences et les communautés. Le communiqué officiel présente d’ailleurs le partenariat avec l’Université de Ngaoundéré comme l’un des accords structurants par lesquels Ecobank Cameroun veut contribuer à la formation des talents, au renforcement institutionnel et à l’inclusion financière.

Une relation ancienne qui change de dimension

La portée de la convention tient d’abord à un élément essentiel : Ecobank Cameroun et l’Université de Ngaoundéré ne partent pas de zéro.

Le partenariat vient formaliser une proximité construite au fil des années, notamment à travers la présence bancaire dans l’environnement universitaire et la gestion de différentes opérations liées à la vie de l’institution. Le Pr Mamoudou Abdoulmoumini l’a rappelé lors de la cérémonie : la convention ne crée pas ex nihilo une relation entre les deux organisations. Elle lui donne désormais un cadre plus clair, plus large et surtout plus ambitieux.

C’est précisément ce changement d’échelle qui donne à la signature sa véritable portée.

Le document prévoit notamment la gestion des comptes de l’Université de Ngaoundéré et de ses établissements, mais également la modernisation des services financiers, la transformation digitale et l’accompagnement de la communauté universitaire. Ecobank Cameroun entend aussi mettre à disposition des étudiants, enseignants et personnels administratifs des solutions bancaires adaptées ainsi que des programmes liés à l’éducation financière, à l’entrepreneuriat et à l’innovation.

Il ne s’agit donc plus seulement de gérer des flux. Il s’agit progressivement d’organiser un écosystème.

Gwendoline ABUNAW : faire de la banque un partenaire de trajectoire

Dans la vision défendue par Mme Gwendoline ABUNAW, la relation entre Ecobank Cameroun et l’université doit précisément dépasser le périmètre traditionnel de la banque.

Son raisonnement repose sur une idée simple mais structurante : l’inclusion financière commence bien avant l’obtention du premier emploi.

Un étudiant qui apprend tôt à gérer un compte, à épargner, à effectuer ses premières transactions ou à structurer les revenus d’une petite activité entrepreneuriale commence déjà à construire une relation avec le système financier. Plusieurs années plus tard, lorsqu’il souhaite entreprendre, investir ou solliciter un financement, cette discipline et cet historique peuvent devenir des éléments utiles dans son parcours.

C’est ici que la stratégie d’Ecobank Cameroun devient intéressante. Elle ne consiste pas à attendre que les étudiants deviennent salariés, entrepreneurs ou dirigeants pour commencer à les accompagner. Elle cherche à intervenir plus tôt, au moment où se construisent les premiers comportements financiers.

Mme Gwendoline ABUNAW a également tenu à écarter toute lecture simpliste du partenariat. Ecobank Cameroun ne promet pas des emplois à tous les diplômés de l’Université de Ngaoundéré. L’enjeu est différent : multiplier les conditions susceptibles de renforcer leur préparation au monde professionnel.

Cette nuance est déterminante. Une convention utile n’est pas celle qui accumule les promesses spectaculaires. C’est celle qui construit des mécanismes capables de produire, dans le temps, des résultats mesurables.

Le Pr Mamoudou Abdoulmoumini veut rapprocher davantage l’université de l’économie réelle

Pour le Pr Mamoudou Abdoulmoumini, la convention répond également à une transformation profonde de l’université camerounaise.

La mission de l’enseignement supérieur ne peut plus se limiter à transmettre des savoirs et délivrer des diplômes. L’université doit davantage contribuer à l’innovation, à la professionnalisation, à la recherche appliquée et, de plus en plus, à la création de valeur économique.

C’est dans cette perspective que le Recteur de l’Université de Ngaoundéré voit dans la relation avec Ecobank Cameroun une opportunité d’élargir le champ des possibles.

Il a notamment insisté sur la nécessité de créer davantage de passerelles entre la formation académique et le monde professionnel : stages pour les étudiants, échanges avec les cadres d’Ecobank Cameroun, interventions d’experts, partage d’expérience et accompagnement des projets.

Cette question est centrale.

L’une des difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes diplômés tient précisément à la distance entre ce qu’ils apprennent dans les amphithéâtres et ce qu’ils rencontrent lorsqu’ils arrivent en entreprise. Réduire cette distance devient progressivement une responsabilité partagée entre universités et acteurs économiques.

À Ngaoundéré, cette passerelle est désormais inscrite dans le cadre même du partenariat.

De l’éducation financière à l’entrepreneuriat

L’autre dimension forte de la convention concerne l’entrepreneuriat.

Le Pr Mamoudou Abdoulmoumini a évoqué pendant les échanges la nouvelle dynamique qui pousse les universités à valoriser davantage les résultats de la recherche et à envisager la création d’activités économiques autour de projets jugés viables.

Dans ce contexte, Ecobank Cameroun peut devenir plus qu’un prestataire financier. La banque peut intervenir comme interlocuteur dans l’analyse, la structuration et, lorsque les conditions sont réunies, le financement de projets issus de l’environnement universitaire.

La perspective est significative.

Elle introduit progressivement l’idée qu’une université peut être non seulement un lieu où l’on acquiert des connaissances, mais également un espace où certaines de ces connaissances se transforment en entreprises, en services, en innovations ou en solutions répondant à des besoins économiques concrets.

La convention officialisée le 28 septembre place précisément l’innovation, l’éducation financière et l’entrepreneuriat parmi ses axes de coopération.

Les enseignants et l’institution au cœur du dispositif

Le partenariat ne se limite d’ailleurs pas aux étudiants.

Ecobank Cameroun entend également intégrer les enseignants, les chercheurs, les personnels administratifs et l’institution universitaire elle-même dans son approche.

C’est un point essentiel.

La qualité du capital humain dépend aussi de la capacité des enseignants à continuer à se former, des chercheurs à développer leurs travaux, de l’administration universitaire à moderniser ses processus et des établissements à disposer d’infrastructures adaptées.

Cette vision élargie explique pourquoi l’accord touche simultanément la gestion financière, la digitalisation, la formation et le développement institutionnel.

Pour Ecobank Cameroun, l’université doit être envisagée comme un écosystème complet plutôt que comme une simple population de clients potentiels.

Une alliance qui sera jugée sur ses résultats

La cérémonie de signature a donné à cette ambition un cadre formel. Le programme prévoyait d’ailleurs, au-delà des allocutions et de l’échange des parapheurs, une conférence de presse spécifiquement consacrée à la vision du partenariat, à son impact attendu, à la contribution d’Ecobank Cameroun et aux perspectives futures de collaboration.

Mais le véritable enjeu commence maintenant.

Dans quelques années, cette convention ne sera pas jugée sur la qualité de la cérémonie organisée pour la célébrer. Elle le sera sur le nombre d’étudiants qui auront bénéficié d’une meilleure éducation financière, sur les stages effectivement créés, sur les interactions avec les professionnels, sur les projets universitaires accompagnés, sur les innovations soutenues et, surtout, sur les trajectoires que cette alliance aura contribué à transformer.

Le communiqué d’Ecobank Cameroun résume cette philosophie par une formule : « Quand l’éducation avance, c’est tout le Cameroun qui avance. »

À travers la signature de Mme Gwendoline ABUNAW et du Pr Mamoudou Abdoulmoumini, Ecobank Cameroun et l’Université de Ngaoundéré installent donc quelque chose de plus important qu’une relation bancaire.

Elles posent les bases d’un dialogue entre deux mondes qui ont tout intérêt à travailler davantage ensemble : celui qui forme le capital humain et celui qui finance l’économie.

Et dans un Cameroun où l’emploi des jeunes, l’innovation et la transformation productive constituent des défis majeurs, cette convergence pourrait bien être l’une des plus utiles à construire.

Mérimé Wilson

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