Bassek Ba Kobhio, l’homme qui avait donné un écran au cinéma africain
Le Cameroun perd plus qu’un cinéaste. Il perd une conscience culturelle, un bâtisseur d’institution, un homme qui avait compris très tôt que le cinéma africain ne pouvait survivre sans ses propres lieux de mémoire, de diffusion, de débat et de consécration.
Le Cameroun perd plus qu’un cinéaste. Il perd une conscience culturelle, un bâtisseur d’institution, un homme qui avait compris très tôt que le cinéma africain ne pouvait survivre sans ses propres lieux de mémoire, de diffusion, de débat et de consécration.
Bassek Ba Kobhio, fondateur du Festival Écrans Noirs, laisse derrière lui une œuvre qui dépasse la filmographie. Né en 1957 à Nindjé, formé à la sociologie et à la philosophie, écrivain avant d’être réalisateur, il avait fait du cinéma un instrument de lecture sociale, politique et identitaire du continent. 
Son nom restera attaché à Sango Malo, œuvre fondatrice du cinéma camerounais moderne, récit d’un instituteur qui bouscule l’ordre établi dans un village et place l’éducation, la paysannerie et l’émancipation au cœur du récit national. Le film, présenté à l’IFFR en 1992, portait déjà cette obsession qui ne le quittera jamais : faire du cinéma non un divertissement périphérique, mais un langage de transformation sociale. 
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